La formation à l’IA est déjà obligatoire. Depuis février 2025.
En une phrase : l’article 4 de l’AI Act, applicable depuis le 2 février 2025, impose à tout employeur dont les équipes utilisent un système d’IA de prendre des mesures pour soutenir chez elles un « niveau suffisant de maîtrise de l’IA ». C’est une obligation de moyens, pas de résultat, et elle est supervisée par les autorités nationales depuis le 2 août 2026. Il n’y a ni seuil d’effectif, ni seuil de chiffre d’affaires — une entreprise de cinq personnes dont un salarié utilise ChatGPT est concernée. Aucune certification n’est exigée : un registre des actions de formation suffit à documenter la conformité.
La plupart des dirigeants découvrent cette obligation avec dix-huit mois de retard, et pour une raison simple : elle n’est arrivée par aucun courrier. Elle est entrée en vigueur pendant que l’IA s’installait dans les usages sans que personne ne l’ait formellement décidé.
Trois lignes de règlement, et une obligation qui vous concerne probablement.
L’article 4 demande aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures pour « soutenir le développement » d’un niveau suffisant de maîtrise de l’IA chez leur personnel et chez les personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte, en précisant qu’aucun niveau spécifique n’est exigé d’un individu donné. C’est la rédaction issue du règlement (UE) 2026/1744, en vigueur depuis le 27 juillet 2026 : elle a remplacé le « dans la mesure du possible » de 2024, et la plupart des supports en ligne citent encore l’ancienne version. Le règlement définit cette maîtrise comme les compétences et connaissances permettant un déploiement éclairé, en ayant conscience des opportunités, des risques et des préjudices possibles.
Deux mots méritent l’attention. « Déployeur » : vous n’avez pas besoin de développer une IA pour être concerné, il suffit d’en utiliser une dans un cadre professionnel. « Suffisant » : le niveau attendu est proportionné au rôle et à la criticité de l’usage, pas uniforme.
L’article 4 n’est pas assorti d’une amende propre. Le régime de surveillance et de sanctions de l’AI Act est entré en application le 2 août 2025, et l’enjeu pratique se joue surtout en cas de dommage : fuite de données confidentielles saisies dans un outil grand public, décision prise sur une réponse fausse, contenu diffusé sans vérification. Le registre de formation sert alors autant à se défendre qu’à se conformer.
Sources : Règlement (UE) 2024/1689, article 4 (EUR-Lex) · Règlement (UE) 2026/1744 (Digital Omnibus IA), qui a réécrit l’article 4 le 27/07/2026. Cette page présente le texte applicable et son interprétation courante ; elle ne constitue pas un conseil juridique. Pour une analyse de votre situation, consultez un avocat.
Cinq étapes, dont aucune ne demande un budget de grand groupe.
- 01
Recensez les usages réels, pas les usages autorisés
La première surprise est presque toujours la même : l'IA est déjà utilisée, sans que personne l'ait décidé. Commencez par demander qui s'en sert et pour quoi. C'est ce recensement qui définit le périmètre de l'obligation, pas votre politique interne.
- 02
Distinguez les niveaux de criticité
Un salarié qui reformule des e-mails et un salarié qui prépare des analyses servant à décider n'ont pas le même besoin. Le règlement demande un niveau « suffisant », donc proportionné : une sensibilisation courte pour les usages simples, une formation complète pour les usages engageants.
- 03
Formez sur la vérification autant que sur la production
C'est le point que les formations survolent et que le règlement vise explicitement : avoir conscience des risques. Un modèle qui se trompe avec assurance est plus dangereux qu'un modèle lent. Savoir repérer et corriger une réponse fausse est la compétence centrale.
- 04
Écrivez les règles internes noir sur blanc
Quelles données ne vont jamais dans un outil d'IA, quels usages sont interdits, qui valide quoi. Une charte d'une page vaut mieux qu'un règlement de trente que personne ne lit.
- 05
Tenez le registre, dès le premier jour
Qui a été formé, à quoi, quand, sur quel support. C'est la seule pièce qui vaudra quelque chose le jour où on vous le demandera. Un tableur suffit — l'absence de registre, non.
Et ce que nous ne pouvons pas.
ClaudeAI Academy couvre la partie compétences : 8 parcours et 49 leçons qui apprennent à utiliser l’IA générative de façon fiable, à repérer une réponse fausse, à savoir ce qui ne doit jamais être saisi dans un outil, et à encadrer l’usage dans une équipe. La progression de chaque compte est enregistrée : vous savez qui a suivi quoi et quand — la matière exacte d’un registre de formation.
Ce que nous ne faisons pas : nous ne sommes pas certifiés Qualiopi, la formation n’est pas éligible au CPF et nous ne délivrons pas de certification reconnue par l’État. Si votre besoin de conformité exige une certification formelle, orientez-vous vers un organisme certifié. Nous préférons vous le dire ici plutôt que vous laisser le découvrir après l’achat.
Formation IA obligatoire : les questions des dirigeants.
- La formation à l'IA est-elle vraiment obligatoire en entreprise ?
- Oui, dans les faits. L'article 4 du règlement européen sur l'intelligence artificielle (règlement (UE) 2024/1689, dit « AI Act ») est applicable depuis le 2 février 2025. Il impose à tout fournisseur et à tout déployeur d'un système d'IA de prendre des mesures pour soutenir le développement d'« un niveau suffisant de maîtrise de l'IA » chez les personnes qui l'utilisent pour leur compte. C'est une obligation de moyens : depuis le règlement (UE) 2026/1744, en vigueur le 27 juillet 2026, le texte ne dit plus « garantir », et il précise qu'aucun niveau spécifique n'est exigé d'un individu donné. Le texte n'emploie pas le mot « formation », mais la formation est le moyen le plus direct et le plus documentable de satisfaire cette obligation.
- Quelles entreprises sont concernées ?
- Toutes celles qui déploient un système d'IA dans le cadre de leur activité professionnelle. L'article 4 ne prévoit ni seuil d'effectif, ni seuil de chiffre d'affaires, ni restriction sectorielle. Une entreprise de cinq personnes dont un salarié rédige ses e-mails avec ChatGPT est un déployeur au sens du règlement, au même titre qu'un grand groupe. L'usage à titre purement personnel, hors activité professionnelle, n'est en revanche pas visé.
- Faut-il une certification ou un organisme agréé ?
- Non. La Commission européenne a précisé qu'aucun certificat n'est requis. Les employeurs peuvent démontrer leur conformité en tenant un registre des formations et des actions de sensibilisation menées. C'est la traçabilité qui compte, pas le label de l'organisme : une formation interne documentée peut suffire, une formation certifiante non suivie ne prouve rien.
- Que risque-t-on si on ne fait rien ?
- L'article 4 n'est pas assorti d'une amende administrative qui lui soit propre. Le risque est ailleurs, et il est réel : le régime de surveillance et de sanctions de l'AI Act est entré en application le 2 août 2025, et l'absence de formation devient un élément défavorable en cas de dommage causé par un usage mal maîtrisé de l'IA — fuite de données, décision erronée, contenu diffamatoire ou contrefaisant. En pratique, le registre de formation sert autant à se défendre qu'à se conformer.
- Que doit couvrir la formation pour être « suffisante » ?
- Le règlement définit la maîtrise de l'IA comme les compétences et connaissances permettant un déploiement éclairé, en ayant conscience des opportunités, des risques et des préjudices possibles. Concrètement, cela suppose au minimum : savoir ce que l'outil peut et ne peut pas faire, savoir qu'un modèle peut se tromper avec assurance et comment le vérifier, savoir quelles données ne doivent jamais y être saisies, et connaître les règles internes de l'entreprise sur le sujet. Le niveau attendu est proportionné au rôle de chacun et à la criticité de l'usage.
- Une formation en ligne suffit-elle ?
- Rien dans le texte n'impose un format présentiel ou synchrone. Ce qui compte est que les personnes concernées acquièrent effectivement les compétences, et que l'employeur puisse en attester. Une formation en ligne suivie et tracée répond à cette exigence ; une demi-journée en salle sans suite ne la remplit pas mieux.
- ClaudeAI Academy délivre-t-elle une attestation ?
- Nous ne sommes pas un organisme certifié Qualiopi et la formation n'est pas éligible au CPF. En revanche, la progression de chaque compte est enregistrée : vous savez qui a suivi quoi et quand, ce qui est exactement la matière d'un registre de formation. Pour un besoin de conformité formalisé avec certification, il faut vous tourner vers un organisme certifié — nous préférons le dire que le laisser croire.
À lire ensuite : comment choisir une formation à l’IA · le prompt engineering expliqué · Claude ou ChatGPT.